
Jeudi 14 janvier 2010: un détachement du BMPM s'envole vers Haïti
Le détachement des marins-pompiers est composé d'un officier adjoint au chef de détachement de la zone sud, 4 médecins , 1 psychologue, 5 infirmiers, 5 logisticiens. La constitution d'équipes médicales mobiles de proximité contribuera au soutien de la population sinistrée dans la première phase d'urgence.
Arrivée sur place le Dimanche 17, l'objectif est de participer à la réorganisation d'une capacité hospitalière minimale sur l'île et de réouvrir au plus vite les blocs opératoires fortement endommagés pour les hôpitaux de Canapé Vert, CDTI et Diquini.
Intégrés dans la chaîne médico-chirurgicale, les marins-pompiers de Marseille et leurs homologues sapeurs garantissent la prise en charge quotidienne d'enfants et d'adultes blessés. Près de 200 patients ont ainsi été soignés. Actuellement, deux postes opératoires sont disponibles. Des moyens d'évacuation sanitaires ont été mis en place vers la Guadeloupe et la Martinique.
L'action des marins-pompiers de Marseille tout au long de cette mission
Mission en Haiti
14 au 28 janvier 2010.
L’alerte :
Le 12 janvier 2010, un tremblement de terre a détruit en quelques secondes 50 à 70 % de la capitale Port au Prince et de la zone qui l’entoure.
Dès le lendemain, le bataillon reçoit l’ordre d’envoyer 4 médecins et 5 infirmières pour apporter un soutien médical au peuple haïtien. S’ajoute à cette équipe médicale un renfort de 4 logisticiens de la section opérationnelle spécialisée sauvetage – déblaiement, encadré par un officier, ainsi que le psychologue du bataillon. Ils seront 15 du bataillon à s’envoler le 14 janvier vers Fort de France où ils attendront 3 jours l’autorisation de rallier Port au Prince.
Arrivée à Port au Prince :
Sur le chemin vers l’ambassade de France où ils camperont, les français découvrent l’état de désolation de la ville, saisis en même temps par l’odeur nauséabonde qui y flotte. Le premier contact les plonge rapidement dans leur mission. Très vite, ils sont dispersés par binôme médecin-infirmier sur les différents postes de secours. Un binôme est appelé en urgence : une jeune femme de 21ans est coincée sous les décombres depuis cinq jours. Elle est vivante mais son bras droit est écrasé sous une dalle de béton. Le docteur Larger, aidé par l’infirmière Emilie Roux et deux secouristes SD, devra effectuer une amputation sur place, avant de dégager la victime. Malgré la difficulté de cette intervention, grâce au courage de la jeune femme et la dextérité des équipes de secours, l’intervention sera un succès. A 23h30, la victime est sortie vivante, sous les applaudissements de la foule, silencieuse durant les longues heures d’intervention. Sur le trajet vers l’hôpital israélien, le docteur Larger et l’infirmière Roux s’emploient à apporter les premiers soins : pansement propre, réhydratation intensive, surveillance des fonctions vitales… A leur arrivée à l’hôpital israélien, les chirurgiens américains qui vont aussitôt l’opérer assureront qu’elle est sauvée !
Mission à l’hôpital Diquini
Dès le second jour et jusqu’à la fin de la mission, l’ensemble de l’équipe médical du bataillon est affecté à l’hôpital Diquini. L’esprit d’organisation du médecin-chef Patrick Benner pousse le directeur de l’hôpital à le nommer comme son unique interlocuteur et responsable des secours français sur le plus gros des secteurs de soins. Grace à cette promotion, l’équipe du BMP ne sera plus séparerée et n’aura d’autres comptes à rendre qu’à leur chef. Leur première mission est d’organiser la prise en charge des victimes en différents postes et de préparer ainsi leur lieu de travail pour la semaine. L’objectif est de trier les patients par pathologies, séparer les opérés et ceux en attente d’opération, afin de faciliter le suivi des soins à dispenser à chacun. Un bloc opératoire est également installé par les américains sur le même site. La majorité des interventions chirurgicales seront des amputations. Dès le 3ème jour, le SAMU de Guyane offre au bataillon un lot de premier secours médical (PSM), ce qui aidera bien nos équipes médicales pour leurs interventions. Ils devront tout de même faire preuve d’ingéniosité pour compenser les outils qui leur manqueront. Au bout de quelques jours, l’hôpital est parfaitement organisé et les patients « triés » grâce à un arrivage de nouvelles tentes le samedi.
Chaque jour, les équipes du BMP prendront en charge 50 à 70 patients. Le nombre augmentera quotidiennement. L’équipe du bataillon travaillera d’arrache-pied jusqu’au mardi 26 janvier. Le mercredi à 4 heures du matin, les 15 personnes du détachement décollent pour Fort de France, laissant avec un cœur un peu lourd leurs patients en convalescence. Ils arriveront le vendredi en fin de journée à Marseille.
Bilan :
Les équipes françaises auront soignées environ 2200 haïtiens en 10 jours et sorti une quinzaine de victimes des décombres.