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5 marins-pompiers de retour de mission sur le porte-avions

Cinq marins-pompiers de Marseille ont embarqué pendant plus de 3 mois pour une mission à bord du porte-avions Charles de Gaulle. De retour, ils racontent une expérience riche et instructive.

Quelles étaient vos missions à bord ?

Nous sommes partis, avec les camarades du bataillon, pour une mission de 100 jours, du 5 septembre au 14 décembre à bord du porte-avions Charles de Gaulle. La mission du bâtiment, baptisée « Arromanches 3 », se déroulait en Méditerranée occidentale. A bord, la délégation du Bataillon intègre la brigade assurant la sécurité du navire : une centaine d’hommes et de femmes veillant et intervenant en cas d’accidents, d’incendies, de voies d’eau, etc. Notre vie à bord est rythmée par les gardes. Trois fois par semaine, des exercices de maîtrise des capacités opérationnelles et de sécurité sont organisés. Tous les scénarii sont joués : incendies, voies d’eau, blessés à bord, gaz toxiques etc. Durant le premier mois d’embarquement, l’ensemble du personnel du bâtiment prend ses repères, se prépare et affine ses réflexes, pour être prêt à réaliser la mission en temps venu. Il nous a fallu nous aussi nous habituer à ce nouvel environnement et nous imprégner de la philosophie de la sécurité à bord. Nous avons pris connaissance du fonctionnement de la chaîne opérationnelle, des rôles de chacun et du matériel utilisé, avant de prendre une place à part entière au sein de la brigade de sécurité.

Que ressent-on quand on embarque sur ce fleuron de la Marine Nationale ?

Quand on arrive dans l’arsenal de Toulon, le porte-avions se dresse devant nous, gigantesque, impressionnant et magnifique. A notre arrivée, le chef du service sécurité nous accueille et nous prépare à l’intensité du quotidien à bord. Nous sommes fiers d’embarquer sur le fleuron de la Marine Nationale. Lorsque nous montons à bord, nous sommes impressionnés par les dimensions et les capacités du navire. Le bâtiment mesure 261 m de long et 64 m de large et accueille 2000 marins, une vraie ville flottante ! Le « Charles » regroupe plus de 80 % des métiers de la Marine. Une tour de contrôle, une piste d’atterrissage, deux centrales nucléaires, une cuisine capable de fournir 4000 repas par jour, tout cela est gigantesque. Il nous faudra d’ailleurs plusieurs jours avant de nous orienter correctement dans le navire, car c’est un vrai labyrinthe.

Vivre sur un porte-avion, c’est comment ?

Par rapport à notre vie en caserne à Marseille, le changement est radical ! Bien que le navire soit immense, les espaces de vie sont très réduits, et il faut s’y adapter. La chambre que nous partageons était très petite, mais bien agencée. Les lits sont superposés sur deux niveaux, pour les plus chanceux, ou trois niveaux, isolés par des rideaux. Très souvent, lorsque nous avons un moment libre, on s’y allonge un instant pour se relaxer. Les espaces de détente communs ne sont pas nombreux et volumineux, mais optimisés pour satisfaire les marins. Il faut parfois beaucoup de patience pour boire un café ! Sans distinction de grade, les corvées de propreté, de tri sélectif des déchets et de linge sont réparties parmi les marins, afin de maintenir l’hygiène du navire et de renforcer la cohésion. Toutes les semaines, une journée « no fly day » est observée : aucun aéronef ne décolle ce jour-là, ce qui permet de profiter du pont d’envol pour pratiquer un sport individuel ou collectif, lire, écouter ou faire de la musique et échanger avec le personnel des différents services. Cette journée fait beaucoup de bien aux marins, qui vivent en permanence sur leur lieu de travail. Cette mission sur le porte-avions nous a également permis de faire escale dans plusieurs ports, une occasion de découvrir plusieurs pays et leurs spécialités locales !

Comment s’est passée l’intégration à bord ?

Très bien, l’équipage nous a guidés pendant toute notre mission. Le sentiment d’appartenance à la brigade sécurité a été immédiat. Pendant les vingt premiers jours, les équipes nous ont accompagné et nous ont expliqué le fonctionnement général du quotidien pour nous faciliter la vie à bord. Malgré l’activité soutenue, le partage de nos expériences et la mise en commun d’idées étaient permanents et constructifs. De même, les marins du porte-avions nous ont donné leurs conseils pour s’habituer aux conditions de vie au quotidien. Il faut, dans les premiers temps, s’accoutumer au manque d’espace et d’autonomie, à l’isolement en pleine mer, au fait d’être constamment en tenue de travail, etc. Les conseils des « habitués » nous ont permis de mieux gérer notre temps et de profiter des moments de pause pour faire du sport, de la lecture ou tout simplement rester au calme.

Avez-vous envie de repartir sur ce type de mission ?

Sans hésitation, oui. C’est une expérience unique et marquante dans la vie d’un marin-pompier qui doit être réalisée dès que l’occasion se présente. J’aimerais repartir car chaque campagne peut être différente, que rien n’est acquis d’avance et que la remise en question est permanente. En étant embarqué, on ressent encore plus l’esprit unique d’équipage de la Marine, fait de compassion, de générosité, d’écoute et de disponibilité.

Crédit photos : ©Marine nationale