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Torchère de gaz enflammé : mobilisation exceptionnelle du BMPM

Mardi 7 janvier 2014, à 12 h 21, plus d'une centaine d'appels téléphoniques simultanés alertent le Bataillon de marins-pompiers de Marseille pour une explosion suivie d'une fuite de gaz enflammée, à l'angle des rue Peyssonnel et Melchior Guinot, quartier de la Villette dans le 2ᵉ arrondissement de Marseille.

Une torchère de 25 à 30 mètres de hauteur, dépassant parfois le toit des bâtiments, s’échappe d’une conduite de gaz de 200 mm à 4 bars de pression et brûle dans une zone de travaux. La chaleur dégagée est ressentie à plusieurs dizaines de mètres et le bruit est assourdissant. Un immeuble d'habitation de 7 étages, "Le Marceau 2" ainsi qu'un immeuble en construction, léchés par l’immense flamme, sont directement menacés. Une façade de l'hôpital Européen est également soumise à cet intense rayonnement.

Des moyens de secours importants sont mobilisés et atteignent très rapidement les lieux. Un périmètre de sécurité, couvrant plusieurs pâtés de maisons, est immédiatement établi par les polices nationale et municipale.

Le premier travail des marins-pompier consiste à mettre en sécurité les occupants de l'immeuble et du chantier. Un homme de 66 ans, légèrement intoxiqué par les fumées est immédiatement pris en charge par les équipes médicales. Une femme de 72 ans, victime d'un malaise est rapidement confiée au médecin sur place. L’évacuation de certains habitants de l’immeuble restés chez eux, est effectuée par les 3 échelles mécaniques dépêchées sur place. Les personnels des services municipaux et les secouristes de la Croix Rouge procèdent quant à eux, à l'accueil et au recensement des 77 personnes indemnes impliquées.

De leur côté, le service de sécurité et le personnel médical de l'hôpital procèdent à l'évacuation préventives de certaines chambres et services. Des moyens hydrauliques, notamment des lances à incendies, sont aussitôt mis en œuvre pour limiter l'effet du rayonnement et de l'action directe des flammes, qui par moment, lèchent les façades et les balcons. En seulement quelques minutes après l’explosion, différents éléments des immeubles, très largement endommagés par le feu, tombent au sol. Plusieurs véhicules stationnés à proximité, s’embrasent alors. Les marins-pompiers engagés sont contrains de se relayer régulièrement pour résister à l’extrême chaleur dégagée par la flamme.

Le recueil des témoignages des ouvriers travaillant sur le site permet aux services de police de prendre en compte la disparition d'un homme travaillant dans la tranchée, lieu même de l'explosion. Les services de GRDF sont à pieds d’œuvre pour couper l'alimentation en gaz de cette canalisation, seule solution pour diminuer l'intensité de la torchère.

Alors que les marins pompiers luttent sans relâche pour maîtriser les flammes qui sévissent dans plusieurs appartements de l'immeuble "Le Marceau 2", c’est aux environs de 13 h 05 que le débit de gaz parvient à être considérablement réduit. La flamme ne mesure alors plus que 4 à 5 mètres et l’intensité qui s’en dégage est aussitôt sensiblement atténuée. La décision est prise par le commandant des opérations de secours, en concertation avec GRDF, de ne pas stopper totalement l’alimentation en gaz. Le maintient d’une flamme active et visible permet de limiter le risque de formation de poches de gaz résiduel potentiellement explosives et inflammables.




Crédit photo : BMPM – PM Philippe SOLA - MT Christian VALVERDE - SM Damien HILT

Après avoir mené un combat sans répit contre les flammes ayant ravagé 21 appartements répartis sur 7 niveaux, les marins-pompiers sécurisent tour à tour ces logements et mènent des investigations permettant d'écarter la présence de victimes.

En fin d'après midi, les services impactés de l'hôpital reprennent progressivement leurs activités et réintègrent les locaux évacués, hormis 3 chambres considérées inutilisables.

Peu avant 23 h, après une longue mais indispensable procédure de sécurisation, les services de GRDF procèdent à la coupure totale de l'alimentation en gaz, c’est alors que la torchère s'éteint complètement.

Aux alentours de 3 h, le corps d’un technicien qui travaillait sur la canalisation de gaz, porté disparu pendant l’intervention des marins-pompiers, est retrouvé dans une tranchée profonde de 3 mètres, enseveli sous une couche de 50 cm de gravats.

Les circonstances de l’origine du sinistre seront déterminées par une enquête des services de police.

Au bilan :

  • 1 homme est déclaré décédé ;
  • 77 personnes indemnes ont été prises en charges. Une partie d’entre elles devra être relogée ;
  • 1 homme de 66 ans légèrement intoxiqué par les fumées, a été transporté dans un service d’urgences hospitalières ;
  • 1 dame de 72 ans, victime d'un léger malaise, a été prise en charge par une équipe médicale sur place ;
  • 21 appartements sont sinistrés, dont  6 totalement détruits, et des dégâts sur la façade du bâtiment "Le Marceau 2" sont considérables ;
  • 21 véhicules sont endommagés, certains d’entre eux sont totalement détruits ;
  • 3 chambres de l'hôpital européen sont inexploitables, 35 à 40 fenêtres ont été brisées ou détériorées et le revêtement de façade est endommagé ;
  • Une centaine de marins-pompiers ont été engagés au plus fort de l'intervention ;
  • 30 véhicules de secours présents sur les lieux, ont permis de venir à bout des flammes.