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Intrepid, les nouvelles technologies au service du pompier de demain

Lors d’une catastrophe naturelle ou d’origine humaine, les premiers instants sont cruciaux pour avoir le plus de chance de sauver des vies. C’est également là que le danger et l’incertitude sont les plus élevés pour les services de secours. Comment intervenir et secourir les victimes en limitant les risques d’exposition des primo-intervenants ? Pour répondre à cette question, le bataillon de marins-pompiers de Marseille (BMPM) a accueilli du 17 au 22 octobre un consortium de 7 pays européens chargés d’imaginer les interventions de demain.

Depuis son lancement en 2021, les marins-pompiers participent à un ambitieux projet européen de recherche et développement autour des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle. Nommé INTREPID (pour INtelligence Toolkit for Reconnaissance and assesmEnt in Perillous InciDent), ce projet vise à développer une plateforme d’aide à la décision au profit des primo-intervenants après une catastrophe de grande ampleur. Cette plateforme s’appuie sur les capacités de reconnaissance, d’agrégation et de remontée d’informations de différents robots et drones autonomes, visant à éloigner l’humain de la menace, que celle-ci soit avérée ou supposée. Le consortium auquel participe le BMPM rassemble 17 entités de 7 pays européens, représentant le meilleur de la robotique, de l’intelligence artificielle et du secours à personne.

Le BMPM prend part à ce projet inédit au titre de « End-user », utilisateur final ; en tant qu’unité de secours, il définit les besoins, conseille et éprouve les outils proposés par les chercheurs et les partenaires industriels. Au fil des trois ans que dure l’aventure, ses recommandations et retours d’expérience provenant du terrain permettent d’optimiser ces innovations. Pour cela, trois mises en situation réelle sont organisées par les membres du consortium. La première a eu lieu à Stockholm en 2021. La dernière se tiendra à Madrid en 2023. Entre elles, la deuxième s’est déroulée du 17 au 21 octobre 2022 au centre d’entraînement aux techniques d’incendie et de survie (CETIS) à Marseille. Hôtes de ce deuxième « Pilot », le BMPM et sa division Etudes notamment, ont grandement pris part à l’élaboration du scenario : un accident industriel sur un site classé SEVESO(1).

Lundi 17 octobre au matin, le CETIS fourmillait donc de chercheurs, techniciens et services de secours, affinant les derniers paramètres de leurs robot, drones, équipements et logiciels… Les 7 pays se retrouvaient un an après le premier « Pilot ». Point d’orgue de ces retrouvailles : la mise en situation le 20 octobre. Doté d’infrastructures capables de simuler des situations extrêmes, le CETIS a été le terrain idéal pour tester les capacités des robots et drones à évoluer, agir et interagir dans un environnement dégradé et hostile. Pour cette deuxième édition, l’objectif était de permettre aux « end-user » d’utiliser eux-mêmes les technologies proposées. Pour cela, l’exercice s’appuyait sur le scenario d’un accident industriel, simulant une explosion sur un site classé SEVESO durant les heures de forte fréquentation. Les primo-intervenants, dont les marins-pompiers, devaient porter secours à de nombreuses victimes inconscientes, en faisant face au feu, à une fumée potentiellement toxique et à un important risque de fuite de gaz explosif, le tout dans un milieu dégradé, en intérieur comme en extérieur. Ils disposaient, pour les aider, des nouvelles technologies proposées par Intrepid, qui recueillaient, agrégeaient et analysaient les informations du terrain pour proposer une réponse opérationnelle adaptée puis, si besoin, contribuer à sa mise en œuvre.

Le LV Bruno, commandant des opérations de secours pour cette intervention raconte : « Mon rôle au cours de l'exercice était de lancer les actions permettant de lutter contre les sinistres et sauver les blessés. Pour y parvenir, j'ai utilisé l'outil développé par Intrepid en lui assignant des objectifs. L'intelligence de l'outil lui permettait ensuite de me faire des recommandations, notamment en termes de moyens à employer. Pour mener la première reconnaissance, l'outil m'a proposé les drones qui étaient les plus proches de la zone d'intervention grâce à des capteurs qui prenaient en compte leur position. Pour le sauvetage d'une victime prise dans une voiture en feu, il m'a proposé l'équipe de secours la plus proche. Ensuite, grâce à des lunettes HoloLens et au travail préalable de cartographie du bâtiment concerné, j'ai pu avoir une représentation en 3D dans mon casque de la zone d'action et découvrir l'intérieur du bâtiment. » De son côté, l’EV1 Antoine testait le système depuis le terrain. Chef d’équipe, il recevait et rendait compte des missions auprès du commandement directement depuis l’outil connecté qui était capable de lui indiquer le cheminement adéquat vers le lieu de l’intervention : « Les solutions étudiées sont intéressantes surtout pour des interventions longues durées et sur une zone large. La cartographie réalisée sur la base d'une reconnaissance aérienne fournit une situation tactique commune à l'ensemble des acteurs sur le terrain. De plus, l'interactivité et le placement des équipes sur la cartographie permettent d'avoir une situation en temps réelle. On a donc une solution constamment actualisée qui peut faciliter la prise de décision et la hiérarchisation des missions. »

Si les solutions proposées n’ont pas vocation à être employées telles quelles par les services de secours lorsque le projet prendra fin, elles ouvrent la voie à une nouvelle conception et une potentielle évolution de la réponse opérationnelle. Chef de la division Etudes, qui représente le BMPM au sein du consortium d’Intrepid, le CC Hubert conclut : « l’idée n’est pas de remplacer les opérationnels mais d’utiliser les moyens technologiques de la robotique et de l’intelligence artificielle combinés pour améliorer sa connaissance du terrain et permettre une mise en œuvre des moyens humains et matériels plus rapide tout en augmentant le niveau de sécurité, sur intervention. »

(1) Risque recensé à Marseille par le schéma départemental d’analyse et de couverture des risques (SDACR) des Bouches-du-Rhône, l’accident technologique fait partie de ceux auxquels se prépare rigoureusement le BMPM.