Lors de la dernière cérémonie de remise de casque au bataillon de marins-pompiers de Marseille (BMPM), le major Patrice a remis cet insigne à son propre filleul, le matelot Hugo. Un moment rare, à la croisée de l’engagement professionnel et de l’histoire personnelle.
Car derrière le protocole, c’est une véritable histoire de transmission qui se joue.
« Remettre ce casque à Hugo, c’est bien plus qu’un geste symbolique, c’est transmettre quelque chose de profond. En tant que major, j’ai vu défiler des générations de marins-pompiers, mais là c’est différent. Ce jeune, je l’ai vu grandir, jouer avec mes enfants, évoluer en jeune sapeur-pompier puis en sapeur-pompier volontaire. Lui poser ce casque sur la tête, c’est voir aboutir un parcours que j’ai accompagné de loin, avec fierté et émotion. C’est la continuité de quelque chose de beau, la transmission d’une vocation. »
L’émotion, contenue dans ces mots, dit beaucoup de ce que représente l’unité des marins-pompiers de Marseille : une famille autant qu’une unité opérationnelle. Un parcours exigeant aussi, que le major se remémore en évoquant ses débuts.
« Du jour au lendemain, vous appartenez à une unité prestigieuse de la marine, dans la deuxième ville de France. La rigueur, l’exigence, mais surtout la solidarité entre hommes et femmes prêts à tout pour les autres. Les premières interventions aussi, elles vous forgent, elles vous apprennent qui vous êtes vraiment. On arrive jeune, parfois naïf, et le terrain vous transforme rapidement. »
Un apprentissage intense qui forge les caractères autant qu’il soude les équipes. À l’heure où son filleul s’apprête à franchir ce cap, le major insiste sur l’essentiel.
« Je lui dirais d’abord : écoute et observe avant de parler. Les anciens ont une expérience qui ne s’apprend dans aucun manuel. Reste humble, travaille et ne perds jamais de vue pourquoi tu as choisi ce métier. Les moments difficiles viendront, c’est inévitable et c’est eux qui feront de toi un vrai marin-pompier. Et surtout, prends soin de toi ! »
Au fil de sa carrière, le major a également été marqué par une mission à forte portée symbolique : la garde au drapeau. Pendant deux ans, il a porté cet emblème, au cœur des cérémonies et des temps forts du Bataillon. Aujourd’hui, il a transmis ce drapeau à son successeur afin que l’histoire continue.
« Porter le drapeau du BMPM pendant deux ans, c’est une responsabilité que l’on ne prend pas à la légère. C’est représenter l’histoire, les valeurs et le sacrifice de tous ceux qui ont porté la tenue de marins-pompiers avant nous. Chaque cérémonie, chaque défilé, j’avais conscience du poids de ce que je tenais entre mes mains, pas seulement celui du drapeau, mais une mémoire collective. »
Certains souvenirs demeurent particulièrement marquants : la ferveur du public lors du défilé du 14 juillet à Marseille, ou encore la remise de médaille pour acte de courage et de dévouement sur le drapeau. Mais au-delà de ces événements, c’est surtout l’esprit collectif qui l’a profondément marqué.
« Ce que je retiens, c’est l’état d’esprit du personnel qui compose la garde au drapeau. Des femmes et des hommes plus qu’investis et engagés pour cet emblème si prestigieux. »
À travers cette double cérémonie de remise de casque et de passation de garde au drapeau, c’est toute une chaîne de transmission qui se perpétue. Un passage de relais entre générations, où se mêlent exigence, mémoire et engagement au service des autres.
